Les premiers jours de la mission Patagonie

Un nouveau départ

 

 

Une nouvelle étape

 

Christian Clot a débuté la 2ème étape de l’expédition ADAPTATION dans le milieu le plus froid et humide au monde : les canaux de Magellan en Patagonie chilienne.

Avec des températures pouvant descendre jusqu’à – 20°C, des vents jusqu’à 250 Km/h, un taux d’humidité de 90% et des conditions climatiques en perpétuels changements ces canaux sont considérés comme l’une des régions les plus contraignantes de la planète.

Voici un retour en image sur les derniers préparatifs :

 

 

Christian a mené de nombreuses expéditions en Patagonie et c’est avec un réel bonheur qu’il retrouve ce terrain de prédilection. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur cette région au bout du monde.

Un milieu unique au monde

 

Entre le Hielo Continental et les pleines eaux du Pacifique, les vents et la fonte des glaces ont créé un territoire entre deux mondes constitués de centaines de canaux et de milliers d’îles, bordées d’une forêt inextricable empêchant le plus souvent les débarquements : un monde d’une beauté brute, à la vie difficile et le moins exploré de la Patagonie. Un véritable labyrinthe ! Telle est la réalité de ces canaux, seños et autres golfs qui s’enfoncent en un entrelacs indescriptible jusqu’au centre des glaciers du Hielo Continental, par des fjords sombres et froids.

Des températures toujours basses, une humidité permanente et les précipitations les plus importantes mesurées sur le globe à l’heure actuelle accueillent le voyageur qui bien souvent rebrousse rapidement chemin.

Bien que les travaux hydrographiques anglais, puis chiliens, aient permis de dresser de bonnes cartes marines, il reste encore de nombreux secteurs non cartographiés ou aux erreurs nombreuses. Une fois sorti des canaux principaux, lieux de passages de gros navires, on se retrouve loin de tous, isolé et dans un univers où tout reste à découvrir.

L’humidité permanente a laissé libre cours au développement d’une abondante forêt primaire, variée et changeante, souvent impénétrable. Peut-être l’un des milieux les moins connus du monde tant les études y sont difficiles.

C’est aussi le lieu de vie des dauphins, otaries, baleines, albatros, cormorans ou encore des huemules (cerf patagon).

Ces canaux ont été peuplés autrefois : c’était le territoire des Indiens marins Kaweskars.

Le territoire des Kaweskars

 

Ce peuple était nomade et marin. La pêche et les mollusques constituaient leurs principales ressources, ainsi que dans certains cas la chasse. Ils passaient le plus clair de leur temps à bord de leurs canots de bois où ils maintenaient en permanence un feu allumé. Un feu très important qui constituait leur seul apport de chaleur, puisqu’ils vivaient nus.

Les Alakalufs, ou Kaweskars, vivaient dans l’ensemble du détroit de Magellan et remontaient par les fjords jusqu’à l’île Wellington, où se trouve aujourd’hui Puerto Eden, sur les bords du Hielo Continental et parfois plus au Nord encore. Ils s’appelaient eux-mêmes les Kaweskars, ce qui, dans leur langue, veut dire « Les Hommes ». On connaît mal les rapports qu’ils entretenaient tant avec les Yamanas qu’avec les Tehuelches des terres, dans les rares endroits où des rencontres étaient possibles, là où les montagnes n’étaient pas trop hautes. Mais ils en avaient assurément très peu et vivaient principalement en totale autarcie, jusqu’à l’arrivée des Blancs.

La population s’est vue réduire rapidement dès les années 1850 en raison des maladies et de la réduction de leurs territoires pour avoir pratiquement totalement disparu dans le premier quart du XXe siècle.

Le parcours de la mission Patagonie traversera les territoires de vie des Indiens Kaweskars.